Le Grand Sage Ramana Maharshi
RAMANA
MAHARSHI
Eh bien, la mort est
venue.
Qu’est-ce que cela
signifie ?
Qu’est-ce que
mourir ?
- c’est ce corps qui meurt.
Ce corps est mort.
On
le portera tout raide au champ crématoire
où
il sera brûlé et réduit en cendres.
Mais avec la mort de
ce corps, suis-je mort, moi ?
Est-ce que le corps
est moi ?
Ce corps est
silencieux et inerte.
Mais
j’éprouve toute la force de ma personnalité
et
même le vocable « Je » en moi-même, à part le corps.
Ainsi, Je suis un
esprit, une chose qui transcende le corps.
Le
corps matériel meurt,
mais
l’esprit qui le transcende ne peut être touché par la mort.
Je suis donc un
Esprit immortel.
Qui
suis-je ?
Je ne suis pas le
corps physique,
Je ne suis pas non
plus les cinq organes de la perception ;
Je ne suis pas les cinq
organes d’activité externe,
Je ne suis pas non
plus les cinq forces d’activité vitales,
Je ne suis même pas
l’esprit pensant.
Je
ne suis pas non plus cet état inconscient d’ignorance,
qui
retient seulement les subtiles tendances de l’esprit.
Je ne suis pas
ceci ;
Non, je ne suis pas
non plus ceci, ni cela.
Je
suis réellement l’Être pur,
infini,
le
Soi absolu.
Je
suis toujours le Soi,
et
uniquement Lui.
Sois
là où le Je est !
Etre immobile, c’est
être toujours engagé dans le travail.
Etre silencieux,
c’est être toujours en train de parler.
Tout le monde reçoit
son lot de bonheur ou de souffrance selon le karma qu’il a ramené de ses vies
antérieures.
Les
accepter patiemment tous les deux
et
demeurer dans le Soi
tout
en accomplissant chaque action dans laquelle on se trouve engagé sans y
chercher le bonheur ou la souffrance,
voilà
ce qu’il convient de faire.
L’investigation
« Qui suis-je ? » conduit à la cessation de la souffrance et à
l’acquisition de la félicité suprême.
Kaivalaya
Navanîtam :
« - si je
demeure toujours conscient que « Je suis » parfaite conscience,
qu’importe le nombre de mes pensées, ou ce que je fais ?
Car tout ceci est
irréel comme les visions d’un rêve après le réveil.
Je suis toute
félicité ! »
Si vraiment j’éprouve un amour égal pour toutes les créatures, et si mon cœur s’est élargi de manière à embrasser toute la création, je ne penserai pas que je renonce à ceci ou à cela.
Je me détacherai
simplement de la vie du monde, tel un fruit mûr qui tombe de la branche d’un
arbre.
J’éprouverai
simplement que mon foyer, c’est le monde entier.
Dêvikâlottara :
- « Souvent, le mental s’égare dans des
rêveries ou s’assoupit.
Sois vigilant et
ramène-le sans cesse à son état immaculé. »
Bhagavad-Gîtâ
10.20 :
- « Ô Arjuna, Je suis le Soi, demeurant
dans le cœur de tous les êtres ! »
Nammâlvâr :
- « J’étais perdu dans un labyrinthe,
m’accrochant au je et au mien ;
J’errais sans
connaître mon Soi.
En réalisant mon Soi,
j’ai compris que je suis Toi,
Et que le
« mien » n’est aussi que Toi. »
Arunâchala
pancharatna
Océan de nectar,
rempli de grâce, qui engloutis l’univers dans Ta splendeur.
O
Arunâchala, le Suprême Lui-même !
Puisses-Tu être le
soleil qui ouvre le lotus de mon cœur à la béatitude !
Ô
Arunâchala !
En Toi, le dessin de
l’univers prend forme, dure et disparaît ;
C’est la vérité
suprême.
Tu es le Soi
intérieur, qui danses dans le cœur en tant que Je.
Cœur est Ton nom, ô
Seigneur.
Celui qui se tourne
vers l’intérieur avec un esprit paisible afin de chercher d’où la conscience de
Je surgit,
il réalise le Soi,
et se dissout en Toi,
ô Arunâchala, comme une rivière rejoint l’océan.
Abandonnant
le monde extérieur,
l’esprit
et le souffle maîtrisés pour méditer sur Toi à l’intérieur,
le
yogi voit Ta lumière,
et
trouve sa joie en Toi.
Celui
qui Te voue son esprit et,
Te
contemplant, voit toujours l’univers comme Ta manifestation ;
Celui
qui en tout temps Te glorifie
et
t’aime comme non-autre que le Soi,
il
est le maître sans rival, étant Un avec Toi et perdu en Ta béatitude,
ô
Arunâchala !
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